10 réformes pour une refondation de la droite

UMP

10 juin 2014 • Actualités, Points de vue • Vues: 1973

La France décline, son tissu économique s’étiole et son peuple traverse une crise d’identité. Le résultat des élections européennes du 25 mai traduit, au-delà du profond rejet de la politique conduite par le gouvernement actuel, un message de défiance à l’égard des partis politiques traditionnels : ceux de droite, incapables de dépasser les querelles d’égo pour tenir une ligne politique cohérente, et ceux de gauche, sclérosés dans des idéologies périmées et victimes du quinquennat désastreux de François Hollande, sur les décombres duquel prospère un Front national se contentant d’additionner rejets et colères.

Nous n’acceptons pas cet état de fait et refusons toute fatalité. Les Français ne se contentent plus de vagues pétitions de principes ou de slogans démagogiquement incantatoires. Ils veulent avant tout des réformes concrètes et réalistes, qui apportent des solutions pratiques à leurs problèmes quotidiens, tout en s’inscrivant dans une vision plus large de la France, de ses atouts, de ses défis et de sa vocation. C’est à ce prix que l’on fera revenir dans le jeu électoral des abstentionnistes devenus au fil du temps de plus en plus nombreux.

Notre vision, c’est d’abord celle d’une France réconciliée avec son histoire, qui assume pleinement ses racines et soit fière de son identité, rompant ainsi avec la tyrannie de la repentance. C’est aussi celle d’une France respectueuse de la personne humaine et protectrice de la famille fondée sur l’altérité sexuelle, refusant toute marchandisation de l’être humain. C’est enfin celle d’une France au service des libertés, supprimant les carcans en tout genre qui brident l’activité économique de nos entreprises, garantissant aux parents la liberté d’éducation de leurs enfants, et permettant au débat public de se dérouler sereinement sans censure morale intempestive de la pensée unique.

Cette vision doit s’incarner d’une part dans des mesures de salut public qu’un futur gouvernement d’alternance pourrait adopter par ordonnance dès les premiers jours de la mandature, et, d’autre part, dans des réformes de société plus vastes qui nécessitent un débat parlementaire plus nourri. Au total, dix réformes clés en main à préparer avant même de songer à la désignation de celui qui pourra les porter dans le cadre des prochaines élections présidentielles.

D’abord, cinq mesures de salut public : une réforme de l’attribution des aides sociales qui conditionne leur versement effectif à une durée de cinq années de travail légal sur le territoire français, afin d’endiguer la pompe aspirante des flux migratoires comme le suggère La droite forte, une fluidification du marché du travail par l’instauration, dans les PME, d’un contrat de travail à indemnités de départ intégrées, une réforme de la fiscalité directe qui instaure un impôt unique et proportionnel, ni progressif, ni dégressif, à la place du millefeuille actuel, une réforme de la protection sociale qui transfert son financement vers une TVA « sociale », rendant nos produits plus compétitifs à l’export et faisant financer une partie de notre protection sociale sur nos importations, et une réforme de la fonction publique qui supprime tout recrutement de fonctionnaires, hormis dans le domaine régalien (police, justice, défense, affaires étrangères).

Ensuite cinq réformes de société dont la prochaine mandature ne pourra faire l’impasse si elle veut être à la hauteur des enjeux : abrogation de la loi Taubira concernant le mariage pour tous, instauration du chèque éducation pour établir une véritable liberté scolaire, suppression de l’automaticité du droit du sol au profit de naturalisations au cas par cas, rétablissement du service national (militaire ou civique)creuset de notre intégration, et recours à la démocratie directe, par le biais d’un véritable référendum d’initiative populaire (et non partagée comme c’est le cas actuellement) dès lors qu’une pétition recueille plus d’un million de signatures.

Concernant les modalités de désignation du candidat qui portera les couleurs de la droite aux prochaines élections présidentielles, le recours à des Primaires ouvertes, au sein de l’ensemble des formations politiques composant la droite républicaine, est le seul moyen de conférer une légitimité incontestable à celui qui en sortira vainqueur. Afin d’éviter une multiplication des candidatures, l’accès aux Primaires devra être limité aux personnes ayant préalablement obtenu un parrainage d’adhérents et/ou d’élus, comme le suggère La Boite à Idées. Enfin, dans un souci d’impartialité et de transparence, l’organisation et le contrôle de la Primaire doivent être confiés à une autorité indépendante de tout parti politique, et non à une émanation du l’UMP, composée de magistrats honoraires désignés par tirage au sort, sous contrôle d’huissier, après appel à candidature publié dans la presse. Ces magistrats issus des principaux ordres de juridiction (Conseil d’Etat, Cour des Comptes, Cour de Cassation) ne devront pas avoir exercé, au cours de leur carrière, une quelconque fonction politique qui rendrait suspecte leur impartialité.

Cette refondation conférera à la droite française une ligne politique claire qui lui fait aujourd’hui défaut et lui permettra de se doter d’un chef à la légitimité incontestable, porté par un programme préalablement établi. Le redressement de la France est à ce prix.

Tribune publiée le 10 juin 2014 sur Atlantico.

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