François Hollande devra probablement dissoudre l’Assemblée Nationale avant 2017

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25 août 2014 • Actualités • Vues: 1770

Interview donnée à New Young le 25 août 2014.

Comment réagissez-vous à la démission du gouvernement de Manuel Valls ?

Je ne suis pas un expert pour commenter la politique politicienne. J’espère juste que cette décision permettra de clarifier la politique suivie par le gouvernement. Le problème fondamental est que François Hollande a été élu sur un mensonge, celui de faire croire que l’on pouvait maintenir l’Etat Providence et ne pas effectuer des grandes réformes. La France les attend depuis une quarantaine d’années. Du Mitterandisme à aujourd’hui la France vit au-dessus de ses moyens.

Selon vous, cette démission est-elle justifiée ou la jugez-vous trop forte compte tenu des déclarations d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon ?

Nous sentions chez eux une volonté d’être révoqués. Manuel Valls a bien fait puisque cela lui permettra d’écarter les personnes qui n’étaient pas à l’aise avec la politique conduite par François Hollande. Il est souhaitable que les intrigues contre-productives entre les ministres disparaissent. En revanche, ce gouvernement est loin d’être sûr d’obtenir la majorité à l’Assemblée.

Vous pensez donc que les frondeurs ne voteront pas la confiance ?

Je ne pense pas que les frondeurs aillent au bout de leur logique en ne votant pas la confiance. Mais il y aura probablement un clash entre le gouvernement et l’aile gauche du PS, d’ici à la fin de l’année ou en 2015. Cela est inévitable. François Hollande devra probablement dissoudre l’Assemblée Nationale avant 2017.

Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippeti vont quitter le gouvernement. Espérez-vous également le départ de Christiane Taubira ?

Oui je souhaite qu’elle quitte le gouvernement. Sa politique pénale a été catastrophique. La criminalité augmente, les forces de l’ordre sont démotivées car, alors qu’elles font un travail formidable, les personnes arrêtées sont relachées presque aussitôt. C’est une catastrophe pour le pays et il faut y mettre fin. Et enfin, Christiane Taubira a divisé les français avec sa loi sur le Mariage pour tous. Elle a d’ailleurs déjà exprimé des décalages d’opinion avec la ligne Valls-Hollande et je pense qu’elle doit saisir cette occasion pour partir. C’est souhaitable.

Comment percevez-vous l’éventuel retour des Verts dans le gouvernement ?

Je suis plutôt sensible aux questions d’écologie. Je peux être en phase avec le monde écologique sur des questions importantes telles que la transition énergétique ou l’indépendance française en matière d’énergie. Le problème est que les Verts sont avant tout des politiciens et ne s’occupent pas d’écologie. Le livre de Cécile Duflot en est la preuve, c’est 250 pages de politique politicienne où elle n’aborde pas la politique désastreuse qu’elle a menée comme Ministre du Logement.

Que pensez-vous des préconisations économiques adressées par Jacques Attali au Président de la République, notamment celle concernant la crise du logement proposant que tout logement neuf acheté dans les 2 ans pourrait être légué sans droits de succession ?  

Je pense qu’il faut arrêter de vouloir légiférer sur le logement. Il faut bien sûr abroger la loi Duflot qui s’est montré aussi dévastatrice qu’un bombardement aérien sur le marché de l’immobilier. 300 000 constructions par an alors qu’avant on était à 450 000, c’est un véritable désastre. Il faut aujourd’hui libérer du foncier. Certes, cela implique de sacrifier des terres agricoles mais quand la population augmente, il faut être capable de la loger. Sur l’idée de Jacques Attali, je me méfie des petites mesures un peu gadget. Je pense qu’il faut vraiment aller vers une démystification des règles qui bloquent le marché de l’immobilier en général.

Selon vous, François Hollande a-t-il encore le temps de réussir son quinquennat ?

Hélas, je crains que non. Il y a une mesure qu’il pourrait faire en faveur des TPE et PME en rendant le marché du travail plus flexible. Cette rigidité trop forte bloque nos entreprises. Celles-ci ont besoin de pouvoir embaucher et licencier plus aisément, de façon plus fluide. On ne peut pas attendre 2017 pour résoudre ce problème. Il peut enfin faire quelque chose de bon, à lui de le faire maintenant.

Propos recueillis par Benoît GALLAND

 

 

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