Ville de Paris : un déficit qui s’approche du milliard d’euros !

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1 octobre 2014 • Actualités, Communiqués, Paris • Vues: 4489

                Alors que le premier Conseil de Paris de la rentrée vient de s’achever sans évoquer les finances de la Ville, il est urgent de dresser un bilan sur une situation extrêmement préoccupante.

Anne Hidalgo a récemment admis qu’il lui manquait 400 M€ pour boucler le budget 2015. Mais l’édile omet de mentionner que le besoin de financement s’approche en réalité dangereusement de la somme de 1 Md€, avoisinant les 900 M€ d’après nos calculs.

                En effet, d’après Les Échos (27 et 30/09), la dotation globale de fonctionnement versée par l’État devrait diminuer de 200 M€ tandis que la masse salariale devrait augmenter d’environ 50 M€, les dépenses sociales d’environ 60 M€ et les dépenses de péréquation (au titre de la solidarité entre les communes) de 65 M€. Au final, le solde recettes / dépenses va diminuer de 375 M€ par rapport à l’année 2014, sans compter l’impact de la baisse attendue des droits de mutation, non encore chiffrée à ce stade.

                En retenant l’hypothèse de dépenses d’investissement équivalentes à l’année 2014 (confirmée par la Mairie), le montant de l’épargne brute permettant de financer les investissements serait nettement inférieur à celui de l’année précédente et obligerait la ville de Paris à recourir massivement à l’emprunt, creusant ainsi dangereusement sa dette. En effet, le besoin de financement pour l’année 2015 s’élèverait, selon cette hypothèse, à près de 900 M€ (893 M€, cf. calculs ci-dessous).

                Au final, compte-tenu de la dette de la Ville qui s’élevait à 3,65 Mds€ au 31 décembre 2013, du besoin de financement de 514 M€ pour l’année 2014 et de celui de l’année 2015 qui s’élèverait selon nos calculs à 731 M€, la dette de la Ville de Paris avoisinerait les 5 Mds€ au 31 décembre 2015, soit plus de 50 fois le montant de l’épargne brute.

                À l’évidence, le plan d’économies annoncé le 29 septembre par Anne Hidalgo pour un montant compris entre 130 à 180 M€, ne suffira pas à couvrir ce déficit abyssal. Les solutions envisagées par la Maire de Paris (mutualisations dans les fonctions support, hausse du prix de stationnement, augmentation des tarifs de cantine scolaire et d’inscription au conservatoire pour les familles aisées, création d’une taxe de séjour pour les touristes), d’une légitimité discutable, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il est temps de réduire les dépenses de fonctionnement qui ont augmenté de 50% depuis 2001, de diminuer le montant des subventions aux associations, totalement opaque et dispendieux, et de ne plus recruter de fonctionnaires territoriaux. Ces derniers, d’environ 73 000 en comptant toutes les entités dépendantes de la Mairie de Paris, représentent un ratio de 33 fonctionnaires pour 1 000 habitants, contre 8 pour 1 000 pour le Grand Londres.

Dans ces conditions et devant la situation catastrophique des finances de la Ville, je demande solennellement à Anne Hidalgo, de faire droit à la proposition récemment déposée par les groupes UMP et UDI-Modem au Conseil de Paris, tendant à la désignation d’un organisme indépendant afin de réaliser un audit général, budgétaire et financier de la collectivité.

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Evolution du budget 2015 de la Ville de Paris par rapport à 2014

Recettes prévisionnelles :

Dotation Globale de Fonctionnement de l’État : – 200 M€ (Les Échos, 27/09)

Dépenses prévisionnelles :

Contribution au fonds de péréquation : + 65 M€ (Les Échos, 30/09)

Masse salariale :                                           + 50 M€ (Les Échos, 30/09)

Dépenses sociales :                                       + 60 M€ (Les Échos, 30/09)

TOTAL : augmentation des dépenses de fonctionnement : 200 + 65 + 50 + 60 = + 375 M€ par rapport à 2014.

Droits de mutation à la baisse mais non chiffrés.

Par ailleurs, les dépenses réelles d’investissement resteront stables par rapport à 2014 (plan Hidalgo), soit 1 424 M€ (budget primitif 2014).

 

Calcul du besoin de financement 2015

Hypothèse 1 : remboursement d’emprunt égal à 2014 (environ 200 M€ selon le budget primitif 2014).

Hypothèse 2 : recettes réelles d’investissement égales à 2014 (639 M€, budget primitif 2014).

Montant de l’épargne brute 2015 : 467 M€ (montant 2014) – 375 M€ (évolution dépenses) = 92 M€.

Capacité de financement des investissements 2015 = épargne brute + recettes réelles d’investissement, soit : 92 + 639 = 731 M€.

Besoin de financement 2015 = dépenses réelles d’investissement + remboursement d’emprunt – capacité de financement des investissements, soit 1 424 + 200 – 731 = 893 M€, soit environ 900 M€.

 

Endettement de la Ville de Paris

La dette de la Ville s’élève, au 31 décembre 2013, à 3 650 M€ (Les Échos, 16/06).

Besoin de financement 2014 : 514 M€ (budget primitif 2014).

Besoin de financement 2015 : 731 M€ (estimation ci-dessus).

Dette au 31 décembre 2015 : 3 650 + 514 + 731 = 4 895 M€, soit 5 Mds€.

Ratio dette/ épargne brute = 5 Mds€ / 92 M€ = 54,34

=> la dette sera supérieure à plus de 50 fois le montant de l’épargne brute. 

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