Réaction à l’interview présidentielle du 7/11/14

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7 novembre 2014 • Actualités • Vues: 2045

Monsieur le Président,

Lorsque vous avez remis à Manuel Valls les insignes de Grand-Croix de l’ordre national du Mérite, vous avez souligné, en rendant indirectement hommage à votre mode de gouvernance, la nécessité pour la France d’être dirigée par des « hommes de synthèse », qui tiennent une position d’équilibre entre des points de vue tranchés. C’est, à vous entendre, la qualité essentielle que l’on attend d’un chef de gouvernement : écouter les avis des uns et des autres, puis adopter un compromis qui puisse satisfaire votre droite comme votre gauche.

Méthode classique qui ressemble, à s’y méprendre, aux concessions de couloir et autres demi-mesures d’arbitrage dont était coutumière une IVème République largement sous la coupe des partis et devenue impuissante à force de renoncements.

Méthode qui rappelle également votre expérience à la tête du parti socialiste où vous excelliez dans l’art de la « synthèse » entre des positions souvent contradictoires, vous maintenant ainsi plus de dix ans à la tête du parti, en faisant cohabiter, derrière une unité de façade, des courants dont l’opposition éclata au grand jour une fois le PS au pouvoir.

Méthode qui illustre enfin, pour l’instant, la plupart des décisions de votre quinquennat, faite d’hésitations, d’annonces en demi-teinte puis de rétropédalages, et dont l’affaire Leonarda en constitue le cruel paroxysme. La seule fois où, à ma connaissance, vous avez tenu le cap que vous vous étiez fixé, c’était à propos de la loi Taubira et je crois qu’il s’agissait d’une profonde erreur pour un Président qui avait promis de ne pas diviser les Français.

Monsieur le Président, nul ne peut gouverner sans prendre de risque. S’il est important d’être un « homme de synthèse », il est aussi fondamental de gouverner avec un cap précis et une ligne politique claire, sans courir à la remorque d’une cote de popularité qui dégringole et d’une opinion publique lassée par tant d’effets d’annonces non suivis d’actes effectifs. Car, à vouloir satisfaire tout le monde, on risque de ne contenter finalement personne.

De plus, il est illusoire de vouloir faire la synthèse entre des politiques économiques radicalement opposées. Cette utopie vous condamne à l’impuissance, car gouverner, c’est choisir, et il n’y a aucun point commun entre l’étatisme étriqué d’une Martine Aubry et le social-libéralisme d’un Emmanuel Macron.

En janvier 2014, vous avez choisi, par votre pacte de responsabilité, de mettre en place une politique de l’offre à destination des entreprises, afin qu’elles puissent créer des emplois et investir. Mais, ce ne fut, malheureusement, qu’un pieux discours qui ne put se traduire dans les faits, en raison d’une majorité socialiste radicalement hostile à votre « virage libéral ».

La chef d’entreprise, Karine Charbonnier, vous a cruellement ramené à la réalité, en vous expliquant qu’en délocalisant sa société à l’étranger, elle gagnerait 3 M€ qu’elle acquitte aujourd’hui sous forme de charges sociales qui financent des dépenses telles que la santé ou la famille, qui devraient normalement être prises en charge par l’impôt. Et de vous interpeller sur vos mesurettes : « Le CICE, c’est 300 000€ par rapport aux 3 M€. Ce n’est pas de nature à augmenter notre chiffre d’affaires et l’emploi en France ».

Si vous vouliez aller au bout de votre logique, vous mettriez en place une TVA sociale qui ferait financer une partie de la protection sociale sur nos importations et rendrait nos produits plus compétitifs à l’export. Ainsi, notre pays pourrait endiguer les vagues de délocalisations qui, en l’absence de réforme majeure, ne manqueront pas de se produire à nouveau.

Sur le plan fiscal, vous avez très justement expliqué qu’ « il y a un moment où la classe moyenne supérieure ne peut plus accepter d’augmentation d’impôt », confirmant par la même occasion que 20% des Français les plus aisés avaient supporté 75% des mesures de hausse d’impôt de 2013 et 2014. Mais si vous vouliez tirer les conséquences de votre constat, vous retireriez la modulation des allocations familiales récemment adoptée par l’Assemblée nationale, qui augmente la progressivité de l’impôt pour les classes moyennes supérieures et est profondément injuste dans son principe.

Mais votre art de la « synthèse » vous condamne malheureusement à ne faire que des annonces de second ordre, comme la création d’un nouveau contrat aidé pour les seniors ou le rétablissement de l’allocation équivalent retraite (AED) pour les chômeurs de plus de 60 ans ayant toutes leurs annuités.

Votre seule annonce d’envergure concerne malheureusement encore une fois le domaine sociétal, lorsque vous avez souhaité le vote d’une loi sur la fin de vie qui, selon toute vraisemblance, légaliserait l’euthanasie par la prise en compte des directives anticipées de chaque personne. Ayant renoncé à réformer la France, vous tentez ainsi de cliver sur les sujets sociétaux, fidèle en cela à la ligne idéologique définie par Terra Nova en 2011.

Nous voulons une France qui retrouve le chemin de la croissance, monsieur le Président, pour cela, il faut rétablir la confiance avec les entreprises, en cessant les tergiversations et les mesures de dernière minute. Donnez donc carte blanche à votre Premier ministre et à votre ministre de l’économie pour mettre en œuvre les réformes économiques dont la France a cruellement besoin !

« La politique consiste à rendre possible ce qui est nécessaire » écrivait Richelieu qui ajoutait aussitôt : « Quand une fois j’ai pris ma résolution, je vais droit au but et renverse tout de ma robe rouge ». Puissiez-vous, monsieur le Président, renverser vous aussi, avec la même vigueur que Richelieu, toutes les féodalités et les archaïsmes dont souffre la France aujourd’hui !

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One Response to Réaction à l’interview présidentielle du 7/11/14

  1. Unci TOÏ-YEN dit :

    Comme beaucoup vous considérez que : charges salariales et charges patronales sont des composantes du coût du travail.

    Désolé de vous contredire : les charges salariales et les charges patronales ne sont pas un élément du coût du travail. En quelques minutes à la méthode des pays nordiques cela est compris. Il en faut plus et sans certitude de bien comprendre avec notre méthode binaire limité au langage, comme suit.

    Attention : avant de vous emballer dans une critique de cette affirmation : penser à ce que nous dit PREGYNE « Ce n’est pas parce que une majorité approuve un acte ignoble que cet acte cesse de l’être ». Exemple : Ce n’est pas parce que une majorité voit le soleil tourner autour de la terre que ce n’est pas la terre qui tournes sur elle-même et pourtant : n’a t-il pas fallu du temps pour le comprendre ?

    Autre formulation; ce n’est pas parce que une majorité commet une faute que la faute n’est plus.
    Les charges salariales et les charges patronales ne sont pas un élément du coût du travail. Pour s’en convaincre il suffit de regarder l’usage de ces charges. Elles servent de recette soit
    1° pour payer des temps d’inactivité : congé payé, maladie, accident, chômage retraite…
    2° pour des dépenses d’ayants droits relative à leurs consommations ou leurs usages de ce que notre vie sociétale a décidé de mutualiser (ce qui est en soi une bonne chose).
    Pour un esprit cartésien : payer des temps d’inactivités : est-ce relatif à la production d’un bien ou d’un service : donc un élément du coût du travail ?
    Pour un esprit cartésien : payer les consommations où les usages des citoyens : est-ce relatif à la production d’un bien ou d’un service : donc un élément du coût du travail ?
    De toute évidence non, non et non.
    Donc : les charges salariales et les charges patronales ne sont pas un élément du coût du travail.

    De fait en regardant cette réalité incontournable :
    1° payer un temps d’inactivité c’est-à-dire : donner un revenu à un chômeur ou un retraité, par exemple, pour que ces derniers puissent acquérir des biens ou des services, produits par des actifs pendant leurs temps d’activité : peut-on, avec un esprit cartésien, appeler cela une charge ?
    En regardant la réalité en face, puisque l’usage de « cette charge » est, pour un inactif, d’acquérir un bien ou un service produit par un actif : c’est de toute évidence une solidarité de l’actif envers l’inactif. N’est ce pas cela le réalisme et dans tous les cas : charges salariale ou patronale des imaginations fantaisistes ? Mais encore : ne s’agit-il pas une solidarité et non une générosité puisque un actif a été, est momentanément puis sera, un inactif ?
    N’est-ce pas du réalisme ce qui vient d’être dit ici ?
    2°Payer des dépenses d’ayants droits pour consommer ou user, des biens ou des services que notre vie sociétale a décidé, à raison, de mutualiser, c’est a dire payer à la place des citoyens ces usages mutualisés : peut-on, avec un esprit cartésien appeler cela une charge ? C’est uniquement une participation pour un usage mutualisé.
    En regardant la réalité en face, on se demande aussi pourquoi c’est le consommateur qui paye au lieu du citoyen avec ses revenus ?
    C’est pareil ! Dites-vous. Sauf que ces charges sont variables suivant les biens et les services mais pire encore, notre imaginaire nous joue un mauvais tour, en nous disant que c’est un élément du coût du travail, comme le dit aussi notre imagination a propos des charges servant à payer des temps d’inactivités.
    Résultat : ces imaginations sont incluses dans le coût de nos exportations. Ne serait ce pas pour quelles soient moins compétitives ? Bravo !
    Est-il, encore, pour un esprit cartésien, pensable de faire payer à d’autres nations, nos usages mutualisés des citoyens de notre nation ou leurs temps d’inactivités? Ce même esprit cartésien ne voit-il pas là une cause de notre manque de compétitivité ?

    Laissons notre imaginaire derrière nous. Concentrons-nous sur la réalité. Notre nation n’est elle pas composer d’actifs et d’inactifs (total ou partiel dans une année) qui ont usage de ces biens et de ces services par mutualisation ? Alors votre esprit cartésien doit nous conduire à demander, de prélever sur le revenu du temps d’activité des actifs ou sur le revenu de solidarité des inactifs. Cela n’est pas une charge, ni un prélèvement ni une cotisation mais une participation pour nos usages mutualisés.

    Vous comprenez maintenant, je l’espère, la différence entre l’esprit idéologique de votre imaginaire et l’esprit cartésien qui vous dit que le coût du travail n’est que le revenu retiré par les actifs (financiers, physiques ou intellectuels) pendant leurs temps d’activité en vu d’élaborer nos biens ou nos services que ceux-ci soient consommés ou usés, familialement, mutuellement ou collectivement.

    Cette vision réaliste due à votre esprit cartésien vous démontre que notre nation est composée uniquement d’actif ou d’inactif qui, pour satisfaire leurs besoins, matériels ou ludiques, produits par les seuls actifs, vont se les partagent en fonctions de leurs revenus. Celui de leurs temps d’activité ou revenus de production (cout du travail) pour les actifs et le revenus pour leur temps d’inactivité ou revenu de solidarité, ou encore revenu sociétal, pour les inactifs. En finalité : pour partager nos biens et nos services entre actif et inactifs, par exemple 40% pour nos actifs et 60%, pour nos inactifs nous partageons la valeur donnée à ces biens dans le même rapport et c’est ainsi que le prix de nos biens et nos services sont le prix de production (coût du travail), par exemple 100, auxquels s’ajoute la solidarité des actifs envers les inactifs 150 soit un total de 250. Ce qui fait, avec 40%, les actifs ont 100 et les inactifs, avec 60%, ont 150 et, en finalité, les actifs consomment les 40% de la production totale et les inactifs 60%. Le partage est conforme à la demande que nous nous sommes fixée.

    Avec le même esprit cartésien, chacun des citoyens : les actifs avec leurs revenus d’activité et les inactifs avec leur revenu de solidarité règlent leurs participations aux dépenses mutuelles 13% de leurs revenus et les participations pour les usages collectifs 32%.

    Le summum de l’escroquerie intellectuelle propagée par notre Education nationale, nos élites politique, nos économistes, notre patronat, et pour l’instant -Nous citoyens- C’est de prétendre :
    que la charge salariale est payée par le salarié
    que la charge patronale est payée par l’employeur
    que l’impôt sur les sociétés est payée par l’employeur,
    que l’extaxe professionnelle (qui par simplification est remplacée par trois) est payée par l’employeur
    que la taxe sur les salaire serait payée par l’employeur
    Que la taxe a,b,c,d…. serait payée par le salarié ou l’employeur.
    Ceci ne vous incite pas à vous demandez si nous ne sommes pas des formatés à la niaiserie ?
    Cela d’autant que dés que nous parlons de TVA, là nous remettons les pieds sur terre pour dire: la tva est payée par les consommateurs ! Enfin un peu de lucidité ! Hélas un simple éclair puisque, en fait, pour vous, les consommateurs ne paieraient qu’une partie de la valeur d’une consommation.

    Maintenant supposez qu’il vous soit dit que « l’écotaxe a été supprimée, parce que les transporteurs menaçaient de la transférer sur les donneurs d’ordre, ce qui a provoqué la colère des paysans bretons ? C’est pour cela que nous la remplaçons, par une augmentation de 4 cts de plus sur le gas-oil. Nous avons alors là, la certitude que ce sera les transporteurs qui payent ces 4 cts de plus. De plus : cela rapporte autant que ce devait rapporter l’écotaxe. »
    Qu’elle est la réaction de l’auditoire ? Au lieu de s’esclaffer de rire (si c’était Stéphane GUILLON qui avait dit cela) ; Mais parce que C gol N d’hollande la ministre, les chroniqueurs répondent : mais « ce n’est plus une taxe écologique ; c’est une augmentation de la TIPP ! »
    Cet exemple là vous fait comprendre pourquoi il se perd du temps dans des débats, où chacun converse de ses convictions qu’il refuse de remettre en cause ou encore ; permet à des éditorialistes de remplir des pages. Nous n’avons plus d’efficacité depuis que nous nous sommes emplis de connaissances idéologiques et ne savons plus, parmi cette profusion, écarter celles qui sont niaiseries pour ne gardez que celle qui font consensus.

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