LMPT en Italie : les leçons d’un succès !

LMPT

22 juin 2015 • Actualités • Vues: 1616

Tribune publiée sur FigaroVox le 22 juin 2015.

C’est une véritable marée humaine qui a déferlé samedi dernier, malgré une pluie battante, sur la place de la basilique Saint-Jean-du-Latran à Rome, pour manifester son attachement à la famille traditionnelle composée d’un homme et d’une femme et protester contre le projet de loi de Matteo Renzi visant à donner aux couples homosexuels les mêmes droits que ceux qui dérivent du mariage dans le code civil italien, y compris en matière de filiation.

Près d’un million de personnes, selon les organisateurs, plusieurs centaines de milliers, d’après l’AFP. En Italie, la police ne fournit jamais de décompte officiel, contrairement à la France, ce qui évite les sous-estimations grossières dont était coutumier Manuel Valls à l’égard de La Manif pour Tous, quand il était ministre de l’intérieur. Une chose est sûre : la foule débordait d’une place pouvant contenir jusqu’à 300.000 personnes. C’est un véritable succès et un avertissement sévère pour Matteo Renzi.

Plusieurs leçons peuvent être tirées de cet évènement, passé complètement sous silence dans les médias français (une dépêche AFP reprise sur plusieurs portails internet, un article dans La Croix ainsi que dans le media en ligne Aleteia) alors que la moindre femen s’exhibant place saint Pierre obtient d’emblée le ralliement de toutes les caméras…

D’abord, c’est la France qui a ouvert la voie aux manifestations de masse en faveur de la famille et ce sont les célèbres drapeaux bleus et roses, frappés du logo de La Manif pour Tous, que l’on retrouve désormais partout à l’occasion des grandes manifestations étrangères. Déjà, en novembre 2013, une manifestation de défense de la famille organisée à Taiwan avait attiré l’attention ; on y voyait les fameux fanions LMPT déployés partout par des centaines de milliers de manifestants. À Rome, le mouvement a tout bonnement repris le nom de Manif pour tous, lui accolant simplement le suffixe Italia. Derrière le caractère apparemment spontané d’une telle onde de choc, il faut y voir tout le travail déployé par La Manif pour tous française pour tisser des liens à l’étranger et soutenir les différentes actions engagées. Ludovine de La Rochère estime à juste titre que la mobilisation italienne est « historique, […] un peu comme en 2012 en France lors du lancement du mouvement social contre la loi Taubira ».

Dans une tribune au Figaro publiée en septembre dernier, deux cardinaux de renom, l’un autrichien, l’autre italien, reconnaissaient d’ailleurs le rôle particulier joué par la France dans l’émergence d’une prise de conscience internationale : « Vu depuis nos différents pays, ce qui nous touche, c’est que le mouvement français […] se fait entendre, au plan européen et au plan international. Son expression, populaire et citoyenne, devrait inspirer l’ensemble des peuples occidentaux et permettre à la Convention européenne des droits de l’homme de choisir un dispositif capable de protéger les droits de l’enfant ». Faut-il voir dans cette mobilisation inédite une traduction de la mission d’« éducatrice des peuples » que le pape Jean-Paul II avait reconnue à la France lors de son voyage au Bourget en 1980 ?

La deuxième leçon, c’est qu’il n’existe pas de sens de l’histoire, du moins pas au niveau où celui-ci est régulièrement présenté par les médias français qui aiment qualifier d’irréversible la déconstruction de la famille traditionnelle au profit de nouveaux « droits » pour les couples homosexuels. Une intimidation de plus pour décourager toute résistance : c’est un combat perdu, nous dit-on, inutile de se mobiliser, ces lois finissent toujours par passer ! Et de citer tous les précédents, jusqu’au projet actuel sur l’euthanasie, que l’Assemblée veut imposer sous la forme hypocrite d’une sédation profonde.

Sauf que rien n’est irréversible. Le prétendu sens de l’histoire n’est que le prête-nom sournois du rouleau-compresseur de la pensée unique, à l’œuvre dans les médias comme dans la vie politique depuis plus de 40 ans, et qui plonge ses racines dans la pensée révolutionnaire. Mais les temps changent et une nouvelle génération se lève : elle n’est pas prête à accepter la domination culturelle que lui a imposé au forceps la pensée déconstructiviste des héritiers de mai 68. Car le poids de la liberté humaine est toujours déterminant dans l’histoire et celui des minorités peut être décisif.  Rien ne saurait donc altérer notre détermination : on ne lâchera rien, jamais, jamais, jamais !

La dernière leçon, c’est la place désormais prise par les questions de civilisation qui rebattent les cartes du jeu politique actuel et bousculent les clivages traditionnels. En Italie, les alliés de centre-droit de Matteo Renzi sont opposés à la dénaturation de la filiation, et c’est le ministre de l’intérieur lui-même, une figure de proue de ce parti centriste actuellement au pouvoir, qui appelle à manifester contre son propre gouvernement, alors que le Premier ministre devrait normalement pouvoir compter sur le soutien du Mouvement 5 étoiles (allié au niveau européen avec le britannique Nigel Farage) ainsi que sur de nombreuses voix de Forza Italia, classé plus à droite.

En France, le sectarisme du gouvernement actuel entretient le clivage droite / gauche  mais la droite ne pourra pas faire l’impasse d’une profonde réflexion sur l’anthropologie qui sous-tend ses choix politiques, si elle veut revenir au pouvoir. Et si elle veut pouvoir compter sur le soutien massif de personnes issues de la société civile, il faudra qu’elle s’engage à abroger la loi Taubira, qui dénature la filiation et ouvre la porte à la PMA et la GPA. C’est le sens de l’engagement de Sens commun à l’intérieur des Républicains, c’est aussi le combat de l’Avant-Garde qui agit en amont des partis politiques. C’est enfin la coalition de toutes ces forces qui amènera le changement culturel et politique que la France espère en 2017.

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One Response to LMPT en Italie : les leçons d’un succès !

  1. Nicodeme dit :

    Bravo pour cet article.
    Les socialistes devraient commencer à comprendre leurs défaites aux municipales et aux départementales, qui découlent en grande partie du dédain qu’ils ont eu pour les grandes manifestations de 2013 et 2014.
    Il serait bon que la droite comprenne aussi et suive enfin ce mouvement de fond, qui ne fait que commencer.

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