Je veux rester fidèle à mes convictions

Charles

1 août 2015 • Actualités • Vues: 6814

À la suite de la polémique suscitée par mes propos concernant le Front National, je tenais à clarifier ma position, notamment vis-à-vis de tous les électeurs qui m’ont fait confiance. Je n’ai jamais prétendu, comme cela m’est prêté, que je serais amené à soutenir sa candidate en 2017. J’ai simplement affirmé que je n’hésiterais pas une seconde à soutenir celui ou celle qui reprendrait mes propositions, quelle que soit son étiquette partisane. Ce n’est pas le cas du programme du FN, loin de là, je tiens à être clair sur ce point.

Je n’ai pas une approche morale du FN, je ne considère pas qu’il s’agit d’un parti antirépublicain qu’il faut stigmatiser ou pourfendre par principe alors qu’il représente un quart des électeurs français. Il doit être analysé rationnellement à partir de son programme.

Mais des divergences majeures nous séparent.

Fondamentalement, on ne résoudra pas la crise identitaire de notre pays en s’enfermant dans une logique de confrontation qui pourrait nous conduire à la guerre civile. Je pense, tout au contraire, qu’il faut faire aimer la France aux populations nouvellement arrivées, les accueillir généreusement tout en fixant des principes clairs quant au respect de nos traditions.

Par ailleurs, je milite en faveur d’une laïcité ouverte qui ne cantonne pas l’expression du sentiment religieux dans l’espace privé, à rebours de ce que prône Marine Le Pen.

D’un point de vue économique, je ne peux cautionner le retour aux droits de douane qui serait un coup d’arrêt mortel aux échanges internationaux et l’instauration d’un impôt progressif unique sur le patrimoine -alors que je milite pour la suppression de l’ISF et l’instauration d’une flat tax. De même, je considère comme une absurdité le retour à 40 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein alors que nous vivons plus longtemps et savons que nous devons travailler plus. Tout comme je refuse de sanctuariser les participations publiques de l’État dans les grandes entreprises de service public. Par ailleurs, même si je considère intenable sur le long terme le maintien de la Grèce dans la zone euro, je me vois mal soutenir le gouvernement d’Alexis Tsipras et le programme économique de son parti d’extrême gauche. Enfin, je me considère pleinement européen même si je déplore la tournure actuelle prise par la construction européenne.

Ne pas soutenir le FN ne m’interdit pas d’appeler ma famille politique à traiter les grands problèmes de fond.

Il y a aujourd’hui un défi identitaire majeur qui prend la forme d’un grand bouleversement démographique conduisant, par certains endroits, la culture française à devenir minoritaire sur son propre territoire. Ce multiculturalisme porte en lui les germes d’un possible éclatement de notre nation. Le courage d’un homme politique consiste à ne pas fuir la réalité. Il faut ajouter à cela un défi culturel majeur lié à la rupture de transmission de la culture française à l’école et dans la société, provoquant un déracinement des Français.

J’aimerais qu’un parti politique prenne en considération ces nouvelles problématiques et porte des propositions courageuses qui renversent l’hégémonie culturelle de la gauche en lui déniant tout monopole du sens de l’histoire : abrogation de la loi Taubira, suppression du caractère automatique du droit du sol, possibilité de déroger aux accords de Schengen, instauration d’un chèque scolaire qui laisse aux parents la liberté du mode de scolarisation de leurs enfants, inscription des racines chrétiennes de la France dans la Constitution, refonte totale de notre fiscalité par l’abandon de l’impôt progressif, instauration d’une TVA sociale qui finance une partie de la protection sociale sur nos importations et plus grande flexibilité donnée au marché du travail.

Je ne me reconnais pour l’instant dans aucune formation politique et revendique un positionnement indépendant voire dissident : patriote, je défends une vision enracinée de la France. Sur le plan politique, je prône un Etat fort recentré sur ses fonctions régaliennes et au plan économique, je défends la liberté d’entreprendre et lutte contre l’étatisme.

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