La COP21 ou la nouvelle tour de Babel

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5 décembre 2015 • Actualités • Vues: 1999

Ce qui est amusant avec cette COP21, c’est d’observer la sainte alliance des zadistes, marginaux et autres chevelus nostalgiques des hippies du Larzac, pourfendeurs de la croissance et adeptes d’un libertarisme anarchiste, avec les grands prêtres du changement climatique, nouvelles émules d’un réchauffisme dogmatique, cette religion planétaire qu’embrassent désormais hommes politiques en mal de médiatisation devant une carrière finissante et autorités morales autoproclamées en quête de respectabilité.

La sainte alliance, en somme, des libertaires décroissants et des prédicateurs conformistes, qui s’enhardissent de propos alarmistes voire apocalyptiques : « Il faut sauver le monde, nous sommes au bord du gouffre ! » et qui ont trouvé leur bouc-émissaire tout désigné en la personne de Philippe Verdier, nouvelle incarnation du Mal qui mérite bien les foudres sentencieuses de cette précieuse inquisition climatique.  Heureusement, nos formidables apôtres du Bien veillent et grâce à eux, la planète va pouvoir être sauvée, tout va bien…

Tout cela relève d’une arrogance inouïe et témoigne d’une bêtise incommensurable. Il y a chez certains dirigeants qui profèrent ces discours, un orgueil démesuré doublé d’une volonté de jouer un rôle historique en instrumentalisant la problématique des émissions de gaz à effet de serre.

Comprenez-moi bien ! Le défi des émissions de gaz à effet de serre est un sujet sérieux et loin de moi l’idée de prendre la question à la légère. Comme le rappelle le pape François dans Laudato Si, « l’humanité est appelée à prendre conscience de la nécessité de réaliser des changements de style de vie, de production et de consommation, pour combattre ce réchauffement ou, tout au moins, les causes humaines qui le provoquent ou l’accentuent ».

L’atmosphère est en effet un volume fini et la terre ne peut absorber que 10 milliards de tonnes de CO2 par an. Or, les émissions de CO2 atteignent le niveau record de 40 milliards de tonnes donc, à supposer que le réchauffement climatique provienne avant tout de ces émissions, il est évident que les conséquences pourraient s’avérer très lourdes concernant l’acidification des océans ou le caractère irrespirable de l’atmosphère à certains endroits. La concentration de CO2 est un paramètre fondamental de l’écosystème planétaire qu’il convient de ne pas négliger, et les activités humaines représentent, à coup sûr, une des causes de l’augmentation de cette concentration. Il est donc impératif d’agir concrètement.

Et quand je dis concrètement, je sais de quoi je parle puisque j’avais écrit en 2008 une tribune sur le changement climatique 15 mois avant la conférence de Copenhague de 2009. Il est assez étrange de la relire aujourd’hui ; elle me fait penser aux suppléments COP21 de nos quotidiens et magazines qui recyclent de jours en jours les mêmes marronniers…

Évitons donc de répéter les mêmes erreurs ! Il faut sortir des grand-messes supranationales et des solutions interétatiques. La réduction des gaz à effet de serre doit être traitée à la base : elle ne peut venir que des citoyens eux-mêmes.

Puisque nous sommes 7 milliards d’habitants sur la planète et que nous pouvons émettre, sans aucun pollution de l’atmosphère, jusqu’à 10 milliards de tonnes de CO2 par an, l’émission de chacun d’entre nous peut s’élever jusqu’à 1.400 kg de CO2 par an. À partir d’un questionnaire très simple, basé par exemple sur une application mobile sur Smartphone, on pourrait, au vu des réponses, déterminer de façon assez précise les émissions de CO2 réalisées par chaque personne ou plus précisément par chaque famille résidant dans un appartement ou un pavillon, en fonction de son installation de chauffage ou de régulation thermique, de ses habitudes de transport, de sa consommation alimentaire et de quelques autres usages.

Lorsque chacun connaîtra ses émissions de gaz à effet de serre et sa contribution au dérèglement de l’atmosphère terrestre, il sera possible de mettre chaque citoyen face de ses responsabilités. C’est à ce stade que les entrepreneurs pourront imaginer des services innovants pour aider chacun à réduire ses émissions jusqu’à atteindre le seuil de 1400 kg de CO2 par personne et par an.

En parallèle, il serait urgent de proposer une tarification de l’électricité au prix du marché, et non à un tarif subventionné, comme je l’avais demandé quand j’étais président de Poweo. Cela aiderait les usagers à prendre conscience du coût financier réel de leur consommation électrique. C’est comme cela que l’on change les mentalités !

Que des actions politiques locales ou éventuellement nationales favorisent cette prise de conscience, pourquoi pas ! Mais je ne crois absolument pas au méga deal COP où 150 chefs d’État se mettent d’accord entre eux pour sauver la planète. Ils donnent l’impression de vouloir construire une nouvelle tour de Babel !

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