Honni soit qui mal y pense…

Brexit2

24 juin 2016 • Actualités, Points de vue • Vues: 4086

Honnis soient ceux qui ne voulaient pas entendre les aspirations des peuples, le Brexit leur a cruellement montré leur arrogance ;

Honnis soient ceux qui ne souhaitaient pas une consultation des Britanniques par référendum, le Brexit leur a magnifiquement signifié le décalage entre le peuple et ses élites ;

Honnis soient ceux qui diabolisaient les partisans du “out” et qui, à l’instar de BHL, les considéraient comme « des souverainistes, des xénophobes, des racistes » (tweet du 23 juin), il leur faudra désormais composer avec eux et non plus gouverner dans leur dos en les insultant ;

Honnis soient les partisans de la primauté absolue des traités européens sur la souveraineté nationale, à l’exemple de Jean-Claude Juncker pour qui « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés » (janvier 2015), ils devront désormais apprendre qu’on ne peut imposer de loi sans qu’elle ne soit consentie et ratifiée par le peuple qu’elle régit ;

Honnis soient les adeptes d’une fuite en avant vers une Europe technocratique toujours plus intégrée, il leur sera nécessaire de comprendre que la seule Union européenne qui vaille est celle qui respecte le principe de subsidiarité et ne traite au niveau communautaire les seules compétences que les peuples acceptent de déléguer de manière toujours réversible ;

Honnis soient les promoteurs de l’indifférenciation culturelle et de la standardisation des modes de vie, ils devront saisir l’éloge de la singularité qui conduit un peuple à ne pas vouloir se fondre dans une masse informe dans laquelle il a le sentiment de perdre son identité au profit d’un multiculturalisme destructeur ;

Honnis soient les affidés du sens de l’histoire, pour qui les nations européennes seraient amenées tôt ou tard à se dissoudre dans un ensemble toujours plus vaste brassant les peuples et les cultures, ils comprendront enfin que l’économie ne peut être le premier fondement du lien social et que s’il existe une identité européenne, il n’y a, à ce jour, ni nation ni peuple européens ;

Honnis soient les idéologues hors-sol qui souhaitent toujours plus abattre les frontières des États-nations, ils apprendront que dans les périodes de turbulence migratoire comme celle que traverse actuellement l’Europe, il vaut mieux permettre à un État souverain de contrôler ses frontières, sans lesquelles son pays devient une passoire ;

Et bénis soient aujourd’hui les sujets de Sa Gracieuse Majesté, qui ont donné à l’Europe entière une formidable leçon de démocratie, en ébranlant les fondements instables sur lesquels boitait jusqu’à présent la construction européenne.

Ce peuple subtil et fier, enraciné dans ses traditions et amoureux de sa liberté, n’a pas fini de nous surprendre. En bien ! Non contents d’avoir sauvé l’Europe de la peste brune en 1940, ils donnent aujourd’hui le coup de grâce au technocratisme bruxellois pour que l’on refonde l’Europe sur des bases saines qui prennent en compte la singularité des peuples et la souveraineté des nations.

Messieurs les Anglais, soyez remerciés !

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14 Responses to Honni soit qui mal y pense…

  1. adrion dit :

    Merci de ce très bon article. A souhaiter que connaissant les anglais, ils ne trouvent pas une “combine” pour revenir en arriere avec l’aval de certain continentaux.
    A vous lire encore, cordialement.

  2. SEINCE dit :

    Merci Beigbeder. “Tirez les premiers, Messieurs les Anglais” ; et maintenant, nous, qu’est-ce qu’on fait ? on attend de se faire tirer par le sens de l’histoire ou on reparle de “politique d’abord” ? comme Elisabeth Lévy dans Causeur ce matin, j’ai honte que nous n’ayons pas su secouer le cocotier les premiers. Il est temps que le politique reprenne ses droits sur l’économique, les peuples l’ont compris mais manifestement pas les doctes boursouflés méprisants à la BHL qui ne manquent jamais de se tromper dans leurs prévisions : vous étiez sur google hier soir ? à 23 h 15 (française) la livre bondissait ; signe pour les initiés (je suis un peu financier), que les sondages en sortie des urnes commandés par les grands institutionnels de Wall Street donnaient le Brexit perdant (même Nigel Farage l’annonçait à cette heure-là) ; les marchés ont donc joué le Remain pendant plusieurs quarts d’heure : bonjour les dégâts, on va trouver des cadavres chez les augures de la finance… Kerviel était un gagne petit à côté de ce plantage ! A part ça, la vie continue ; vous allez voir qu’on saura bien s’accommoder des excentricités de la perfide Albion… ; un ton plus bas, BHL et consorts, on n’est pas dans un jeu de rôles en we dans votre ryad à Marrakech, on est dans la vraie vie…

  3. de Lessan dit :

    Texte magnifique qui prend en compte le fort malaise des peuples écrasés et qui projette l’espérance d’une autre Europe respectueuse de la souveraineté des pays qui la composent.Merci.

  4. Barbara dit :

    Magnifique ! merci . B.

  5. BERT dit :

    Bravo. Ah qu’en termes galants ces choses là sont dites !

  6. Ce matin sur France Culture le débat sur l’émission “Secret des Sources” de Benoît Bouscarel rassemblait cinq journalistes européens tous partisans du “Remain”. L’une des participantes a expliqué le vote britannique par l’attachement aux “choses du passé comme les nations”. Plus intéressant elle a indiqué que la presse britannique était infiniment plus pluraliste que la presse continentale et que la BBC devait respecter son statut de neutralité.
    Un référendum en France? 95% des médias seraient opposés et si un référendum avait lieu les mêmes 95% feraient une campagne ardente pour le statu-quo médias privés et du service public confondus.

  7. Gauvin dit :

    DIEU ET MON DROIT !

    “La sortie de l’Europe d’un royaume de première importance qui a pour devise « Dieu et mon droit » pourra donc lui apparaître comme un bon débarras, même si cela n’est pas explicitement dit, diplomatie oblige ! Mais pour un chrétien de France et tout simplement ce que le 17ème siècle appelait « un honnête homme », ce départ marque plus fortement encore la mise en congé de Dieu et du droit dans ce qui ne mérite plus finalement que le nom de zone ! Pour combien de temps « euro » ? Et plus que jamais à vendre ! Je suis sûr qu’un prix de gros est possible en y ajoutant les chrétiens d’Orient qu’on continue à massacrer! ”

    https://michelviot.wordpress.com/2016/06/24/dieu-et-mon-droit/

  8. Christine dit :

    Très beau texte, inspiré et très bien écrit. Merci.
    Il est bien dommage que l’on ne puisse écouter sur ce sujet François Asselineau (UPR). Il est le seul à en parler ouvertement, en donnant toutes les étapes de la procédure qui n’ont rien d’apocalyptiques. Nos médias ont la fâcheuse tendance à assimiler toutes personnes pour le brexit à des frontistes, des extrémistes, pire encore, des xénophobes… Il suffit de lire le tweet de BHL et de voir qui était invité le 24 au matin sur les chaînes d’infos. J’ai eu vu que vous aviez été interviewé sur LCI et que le journaliste avait du mal à comprendre votre position. Dès que l’on parle de sortir de l’Europe, des gens à priori intelligent, perdent tout bon sens. Mais comment font les autres pays du continent européen qui ne sont pas dans la zone euro… C’est là où l’on peut mesurer l’état de notre “démocratie”, les sujets dont on peut débattre ou pas.

  9. pfff dit :

    Visiblement Mr Beigbeider, vous ignorez la réalité du peuple autant que ceux que vous dénoncez. Le peuple se fout de bruxelles, du Brexit et du reste. Ce que montre ce vote, c est simplement que les gens n ont plus à penser la même chose juste parce qu ils vivent au même endroit. Les vieux ont peur et votent Brexit, les jeunes veulent + de libertés et moins de nations et votent “in”. Londres et les villes pleines d immigrés votent “in” et les campagnes ou zones pauvres votent Brexit. UK a perdu l unité de façade. Le vote ne changera rien au fait que les nouveaux go du monde sont les google, facebook et plus les “etats”

  10. Jean ADER dit :

    J’ai toujours pensé que l’Europe (presque) idéale se ferait à coup de crises surmontées. En fait cette Europe est un peu comme un enfant dont l’éducation se fait à coup d’épreuves diverses. Charles Beigbeder démontre superbement les causes de la crise actuelle. Maintenant comment sera-t-elle surmontée ? A suivre …..

  11. blum dit :

    L’Europe, elle existait, avant cette espèce magma qu’en ont fait les technocrates-pondeurs de normes anti-humaines; c’était celle des penseurs, des peintres , des artistes qui tous se connaissaient, voyageaient; celle des commerçants qui se lançaient sur les routes et sur les fleuves, pour commercer.
    Je relis Giorgio VASARI, Karel Van Mander : ils connaissaient les vies, les oeuvres des peintres de leur temps, des temps passés.
    Alors, vous le dites, Monsieur, il faut saluer le courage des Anglais qui, une fois de plus, ont résisté au chantage des marchands de tapis, et des prophètes de malheur, saluer ce peuple fier de son histoire, et qui entend la poursuivre, plutôt que de se voir noyé dans un chaos multiculuraliste indifférencié.
    Exultate, jubilate!
    Et, dès que possible, reprenons en main notre sort!
    Cordialement, D. Blum.

  12. fourgassié dit :

    Monsieur pfff, les “vieux Anglais” n’ont pas voté par peur, mais parce que la vie apprend à prendre en compte la réalité. Parce qu’ils ont vu le dévoiement de l’entreprise européenne qui au départ posait ses fondations sur des valeurs chrétiennes. Les jeunes, abrutis par des médias de désinformation, sont prêts à faire confiance à une Europe qui se détruit en accueillant des migrants qui ne s’intégreront pas mais désintégreront l’Europe. Si nous voulons éviter des guerres civiles dans chaque pays européen, il faut régler le problème des migrants, et vite, et c’est peut-être l’idée des Anglais en votant Brexit.

  13. TAILLANDIER dit :

    Merci de cette contribution. En tant qu’officier de Marine en retraite, je suis peu susceptible de sympathie excessive envers les Anglais même si j’admire cet esprit d’indépendance qui les anime, digne d’un peuple de marins. “Homme libre,….” J’ai choisi de résider en Suisse, non pas comme j’entends déjà ricaner, pour des raisons fiscales – un officier a plus d’or sur les manches que dans un coffre fort en Suisse – mais parce que la Suisse n’est pas en Europe. Je m’y sens plus libre et je crois que beaucoup d’autres ont le même sentiment.

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