Intervention de Charles Beigbeder à l’université de rentrée de Debout la France

CB NDA

8 septembre 2016 • Actualités • Vues: 555

Discours prononcé le 4 septembre 2016 à l’université de rentrée de Debout la France.

Je suis venu ici pour m’exprimer à titre personnel, par amitié pour Nicolas Dupont-Aignan mais ma prise de parole ne peut être assimilée à un soutien officiel à sa candidature aux présidentielles.

Je voudrais vous parler de deux enjeux pour 2017 :

  • Le défi culturel et identitaire
  • Les enjeux économiques et sociaux

Je suis entrepreneur. Je vous le dis en tant que tel : la croissance ne reviendra pas si l’on ne rétablit pas la confiance. Et, pour sortir de la défiance, il faut traiter en priorité la question culturelle et identitaire.

  • Le défi culturel et identitaire

De plus en plus de Français sont déstabilisés dans leur quotidien. Les pertes de repères s’accentuent, les tensions communautaristes s’aggravent. L’islamisme extrémiste se répand. Jamais depuis la guerre la situation nationale n’est apparue si incertaine. Il est grand temps de réagir. Sur le plan sécuritaire, d’une part, et sur le plan culturel, d’autre part.

Il nous faut proclamer haut et fort notre réponse négative à la question insidieuse « La France est-elle multiculturelle ? ». Non, la France n’est pas multiculturelle !

Première confusion : elle est multi-religieuse et même multi-ethnique (et ce depuis fort longtemps, puisque les Antilles étaient déjà françaises sous Louis XIV). Mais il est faux et dangereux de dire que la France est multiculturelle. Nous ne sommes ni le Liban ni le Kosovo, et en tout cas on ne veut pas finir comme les Serbes du Kosovo !

Autre confusion : chacun d’entre nous peut être multiculturel (ma grand-mère était américaine !). Près d’un Français sur trois a une ascendance étrangère sur trois générations et cela va croissant. Ce que je dis, c’est que ce n’est pas parce que nous sommes de plus en plus multiculturels en tant qu’individus que la France est et sera multiculturelle.

Pourquoi ? Parce qu’en France nous n’avons qu’une langue, qu’une histoire (longue de quinze siècles !), qu’une culture et qu’un art de vivre ! Il faut bien acter cela. Etre ferme et défendre notre culture.

Comment ?  D’abord et avant tout, en la transmettant, ce qui est le rôle essentiel de l’école ! Et, ensuite en se battant pour des changements institutionnels afin de réenraciner la République !

Je m’explique… On a, plus ou moins consciemment, avec une accélération depuis 20 ans, fait de la France un espace indéfini, de plus en plus hors-sol, déraciné, livré à un « cosmopolitisme de galerie marchande », comme le disait Alain Finkielkraut, et, pris de vertige face à ce vide, certains pensent qu’en proclamant les « valeurs » et en réformant çà et là, on va se rassembler et que la confiance reviendra… Mais face aux provocations islamistes, face aux attaques d’une culture étrangère, ces incantations restent inopérantes. L’ordonnance du Conseil d’Etat l’a bien montré, notre République est bien démunie. Non. Pour résister, il nous faut donner force juridique à l’antique principe : « À Rome, fais comme les Romains » que saint Ambroise affirmait à saint Augustin au IVè siècle. Redonner vigueur à nos traditions, notre art de vivre, nos us et coutumes, à la sagesse populaire et à nos lois non-écrites !

Mais cela suppose de reconnaître au préalable que le principe de table rase du passé mis en œuvre par la Révolution a créé une déchirure mortelle dans la trame tissée par la succession des générations.

C’est pourquoi je prône une modernité corrigée, amputée du venin individualiste et relativiste. Loin de tout retour en arrière réactionnaire, je suggère de revisiter les fondations de notre République : la Constitution, afin de ré-enchanter la République, lui redonner de la densité, la rendre charnelle et l’enraciner dans les profondeurs de l’âme française ! Et, très concrètement, cela passe par la revendication d’une place éminente au fait culturel chrétien. J’ai dit culturel. Et non cultuel. Mon propos n’a rien de religieux.

En inscrivant les racines chrétiennes de la France dans la Constitution, nous pourrons nous opposer aux traditions qui nous sont étrangères. Chacun peut pratiquer sa religion. Mais, clairement, il y a, dans l’islam, des prescriptions rituelles de l’ordre de la culture, et non du culte. Je ne crois pas, et c’est un point de désaccord avec certains d’entre vous, que la laïcité soit le bon vecteur pour lutter contre les dérives communautaristes. Ce n’est pas l’esprit de la loi de 1905. Ce n’est pas non plus dans notre culture que d’interdire toute expression du sentiment religieux dans l’espace public. Car cela nierait la dimension religieuse de l’homme et sa soif de spiritualité. De plus, techniquement, juridiquement, matériellement, c’est quasi impossible à réaliser.

C’est donc au nom de notre culture désormais reconnue dans la Constitution que la République contiendra les manifestations anti-françaises.

Nous serons dotés des bases institutionnelles pour prohiber une pratique culturelle antagoniste à la culture nationale.

  • Les enjeux économiques et sociaux

Je vais faire court. On a tort d’opposer trop souvent les entrepreneurs et l’État. Les entrepreneurs veulent un État fort, pour faire respecter les règles du jeu. Mais pour avoir un État fort, il faut qu’il se recentre sur sa mission : le régalien, et qu’il accepte de faire confiance au privé pour le reste. Pour moi, la santé, l’éducation, n’ont rien à faire dans le périmètre de l’État. L’État, amaigri mais plus fort, pourra ainsi faire respecter les lois, sa souveraineté et son autorité. La proportion des dépenses publiques par rapport au PIB rejoindra ainsi un niveau plus raisonnable, d’environ 40 %. De manière concomitante sera menée une grande réforme fiscale : la flat tax.

La flat tax, c’est l’impôt proportionnel ! Les riches paieront plus que les pauvres, je vous rassure. Mais finies la confiscation, la complexité et l’injustice car le système actuel est en effet injuste. Mitée de niches fiscales dont seuls les hauts revenus profitent, la collecte de l’impôt sur le revenu (IR) est très peu efficiente. À iso-collecte, il est possible de mettre en place un impôt proportionnel qui se substituerait à l’IR, à la CSG, aux droits de succession et à l’ISF. À 15% (8% en deçà d’un seuil de 20 000€/an) et en supprimant les niches fiscales, les recettes augmenteraient !

Alors oui cela remet en cause un dogme : la progressivité de l’impôt. Mais qui a théorisé ce venin ? Marx.

La France, pays le plus attractif de l’OCDE au niveau fiscal !  Et pourquoi pas ?

Ainsi, nos entreprises et nos entrepreneurs français, libérées de la sur-fiscalité et du tout-étatisme, en s’appuyant sur un État qui saura mettre en place un protectionnisme intelligent qui les protégera des abus et du dumping social et environnemental, pourront s’épanouir et innover sur la base de leur savoir-faire et de la créativité et du génie de nos entrepreneurs, agriculteurs, cadres, chercheurs, professions libérales, artisans et ouvriers.

Rien ne nous condamne au déclin. Les ressorts sont en nous. « Il est grand temps de rallumer les étoiles », disait Apollinaire. En nous réconciliant avec nos 15 siècles d’histoire, en s’appuyant sur les 100 générations qui ont fait la France, en ré-enracinant la République dans les profondeurs de l’âme française, en restaurant enfin l’ordre et la sécurité sur le territoire national, en re-réglant le moteur « France » au niveau économique, nous pourrons refaire de la France une terre riche de culture et de prospérité.

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