Politique Magazine : La France n’est pas multiculturelle !

Beigbeder 1

13 octobre 2016 • Actualités, Points de vue • Vues: 868

Politique Magazine

Interview publiée dans Politique Magazine du mois d’octobre 2016, et reproduite ci-dessous.

Longtemps, vos engagements vous ont porté vers les questions économiques. De quand datent vos préoccupations culturelles et identitaires ?

 En tant que chef d’entreprise, c’est tout naturellement que j’ai été amené à m’intéresser aux questions économiques. Puis j’ai découvert d’autres aspects, sociétaux et culturels, notamment par le biais de la doctrine sociale de l’Eglise. Il s’agit d’une prise de conscience progressive liée au fait que la France va de plus en plus mal.

Quel est selon vous le défi le plus important que le pays doit relever ?

Le plus urgent aujourd’hui est le problème culturel. L’économique est certes très important, et nous connaissons nos faiblesses : prélèvements obligatoires trop lourds, marché du travail bloqué, manque de compétitivité, déficits. Mais la question essentielle est : qu’est-ce que la France ? Je pense qu’il faut clarifier une fois pour toutes cet aspect. La France n’est pas multiculturelle. Beaucoup de nationaux possèdent des parts d’ascendance étrangère, et nous pouvons pratiquer librement le culte que l’on souhaite, mais la France est l’un des plus vieux pays du monde et elle ne peut être multiculturelle. A contrario, elle deviendra le Kossovo ou le Liban.

Avec près de 700 000 entreprises incorporées à son dispositif, le Medef est le plus gros syndicat patronal. Discute-t-il de ces enjeux ?

Au Medef, on n’est pas vraiment préoccupé par les problématiques culturelles. J’ai essayé de distiller certaines idées, même si ça ne cadre pas tout-à-fait avec leurs priorités. Néanmoins, beaucoup de patrons sont catholiques et discutent des questions sociétales. Mais ils se font discrets. Il existe une vraie régression par rapport au 18ème et au 19ème siècles, quand les élites pensaient et soutenaient les cercles de réflexion.

Quelles sont les mesures que vous appliqueriez pour remédier à « l’insécurité culturelle » dénoncée dans votre livre ?

Il est nécessaire de ré-enraciner la République. Le principe de table rase issu de la Révolution a fait mal. Nous ne sommes pas un point perdu sur la ligne du temps mais le fruit d’une longue trame. Il faut donc inscrire cette longue trame dans la Constitution, comme en Irlande ou en Hongrie. Celle-ci devrait rappeler notre ancrage dans notre tradition et notre culture, voire dans nos racines chrétiennes. Avec un tel texte, le Conseil constitutionnel pourrait retoquer beaucoup de lois, car il possède un important pouvoir d’interprétation. On pourrait même songer à ce que la présidence de ce Conseil constitutionnel revienne au membre d’une famille incarnant l’histoire de France dans la durée.

Dans votre livre, vous affirmez également que le clivage entre la droite et la gauche est dépassé. Or, vous appeliez début septembre à une union des droites. Qu’entendez-vous par là ?

C’est vrai, le clivage fondamental oppose désormais les patriotes enracinés aux déconstructeurs progressistes. On peut aussi ajouter le clivage entre les partisans de la subsidiarité et les centralisateurs forcenés concernant la gestion et le périmètre de l’État. Mais la plupart des idées de ce type sont défendues par des gens de droite. Il faut donc réunir les droites enracinées, au moins sur les idées.

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