Interview de Charles Beigbeder par Resistentia

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19 décembre 2016 • Actualités • Vues: 221

Interview donnée à Jeanne Laforges pour Resistentia.

On l’imaginerait volontiers endosser le costume de Président. Avec son port altier, ses convictions assumées et son dynamisme entrepreneurial, Charles Beigbeder présente toutes les qualités du candidat idéal. Dommage, il ne nourrit nullement cette ambition ! Le temps d’un aparté et de quelques confidences, rencontre avec un brillant entrepreneur engagé dont les propos et la personnalité ont plus d’un atout pour séduire.

Il est vrai que son frère Frédéric le qualifie, lui-même, « d’homme parfait » dans son livre le «Roman français » ! Son parcours ne dément pas un tel éloge. Diplômé de l’Ecole Centrale de Paris, créateur visionnaire d’une dizaine d’entreprises, Charles Beigbeder est aujourd’hui Président de sa holding industrielle et financière, Gravitation SAS. Investi dans le syndicalisme patronal avec Croissance Plus, candidat à la présidence du MEDEF, il choisit rapidement d’étendre son engagement au champ politique en devenant Conseiller du 8ème arrondissement de Paris. «Lorsque j’ai pris conscience, comme élu, du pouvoir que l’on pouvait détenir pour faire bouger les choses, cela s’est imposé comme une évidence ». Au-delà de son rôle d’acteur de la vie de la Cité, ce père de famille aux convictions religieuses et personnelles profondes entend se mobiliser pour les causes qui lui tiennent à cœur : la nécessité de réformes économiques et sociales, la libéralisation du marché du travail prônant un Etat décentralisé mais fort centré sur ses missions régaliennes.

Dans son dernier ouvrage Charnellement de France publié en collaboration avec Benoît Dumoulin, il évoque son cheval de bataille : la crise identitaire que traverse le pays. Un sujet qui le préoccupe déjà depuis de nombreuses années. « Celle-ci s’avère beaucoup plus grave que tous les problèmes économiques du pays. La France connaît une crise existentielle. Pour rétablir de la croissance il faut d’abord retrouver la confiance, rétablir l’ordre, sortir du déni. Certes la France est multi-ethnique, multi-religieuse mais elle ne peut pas être multiculturelle ». Une affirmation sans détour. « La France n’est pas le Canada, elle est riche de 15 siècles d’histoire, d’une langue et d’une culture séculaire. Nous devons de nouveau la faire aimer ». « Charnellement » ajoute-t-il, un terme choisit pour le titre de son livre et riche de sens. C’est un clin d’œil aux propos de Charles Péguy : « le spirituel est lui-même charnel ». « Au lieu de s’attacher à notre héritage on a préféré faire table rase, dans la mouvance de la Révolution française et de mai 68. Nous n’aimons plus notre passé ».

Charles Beigbeder déplore le rejet par de nombreux Français de leur propre culture, appelle à un réarmement moral et spirituel et propose une refondation majeure de nos institutions qui réconcilie les Français avec leur histoire. Etre « Charnellement de France » est, selon lui, la condition sine qua non pour affronter les nombreux problèmes, notamment économiques de la nation. « Il n’est pas question d’accepter une France multiculturelle où chaque immigré pourrait revendiquer sa langue, sa culture, ses mœurs, son histoire et ses traditions d’origine, à parité avec la langue et la culture historiques du pays d’accueil ».

Les bons sentiments du vivre ensemble et le communautarisme nous conduisent à nier les réalités profondes de notre identité et placer toutes les religions sur un même pied d’égalité ». Des propos qu’il entend clairement dissocier de ses propres convictions religieuses. « La ligne de fracture est culturelle, non religieuse et je tiendrai le même discours si j’étais athée. Le christianisme fait partie de notre histoire, de notre identité que l’on soit croyant ou non croyant ».

Charles Beigbeder croit à l’assimilation par la culture et notamment par l’école. « Les musulmans peuvent aimer la France, sa culture, son histoire, sa littérature. Prenez l’exemple de Malik Bezouh, auteur de « France-islam, le choc des préjugés » qui évoque son affection pour l’Histoire de France, sa fascination pour Bossuet, Pierre le Vénérable, Joseph de Maistre, autant de figures d’identification qui ont participé à la renaissance de sa francité».

Malheureusement la réalité est tout autre. Territoires perdus, zones de non droit, communes communautaristes… N’est-ce pas déjà trop tard ? « Certes, une partie du pays est gangrénée et cela prendra des années mais c’est encore possible ». Dénonçant le déni et le clientélisme de la classe politique, Charles Beigbeder n’entend pas tergiverser et évoque des solutions concrètes comme le recours à la force, à l’état de siège « dans la centaine de « Molenbeek » que l’on compte aujourd’hui en France ». « La peur doit changer de camp ». Des prises de position courageuses et à contre-courant dans le monde de l’entreprise qu’il côtoie. « C’est certain, ce sont des sujets que l’on préfère écarter ». Une boboïtude dans laquelle se complaisent encore de nombreuses personnes !

Mais aujourd’hui la réalité nous rattrape tous. De nombreux entrepreneurs ont été personnellement touchés par les attentats du Bataclan et prennent conscience que le terrorisme et la montée de l’islam radical impactent aussi la croissance ». Malgré sa grande lucidité, Charles Beigbeder est un homme confiant.  « Les solutions existent et la guerre civile est encore évitable à condition d’accepter une confrontation salutaire. Cela commence par un ré-enracinement de la constitution à laquelle il faut rajouter quatre mots : « de tradition culturelle chrétienne », après “La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale”. Redonner le pouvoir au peuple via le référendum, établir la déchéance de nationalité, une vrai police des frontières européennes…, autant de propositions qu’il suggère  pour lutter contre le terrorisme et retrouver l’ordre.

Un combat des idées qu’il mène avec l’Avant-Garde, réseau participatif créé hors des partis traditionnels avec Charles Millon. Un think tank avec lequel les politiques doivent désormais compter qui occupe discrètement le terrain, formule des propositions aux candidats dans le cadre de la primaire de la droite et du centre, comme pour la présidentielle de 2017. Soutien de François Fillon, qu’il reconnaît volontiers avoir influencé et conseillé avec ses camarades de l’Avant Garde, Charles Beigbeder se réjouit de sa victoire à la primaire. « C’est un homme présidentiable qui réunit les 3 droites et a su rassembler. Nous espérons qu’il restera sur la même ligne, affirmera sa fermeté, fidèles à ses idées et ne fera pas de concessions au cours de la campagne présidentielle ». Le scénario idéal en mars 2017 ? « Une victoire contre la gauche au second tour qui donnera au gouvernement une vraie légitimité pour appliquer son programme. Si François Fillon remporte l’élection face au FN, les syndicats revendiqueront un vote par défaut » !

Quoiqu’il en soit, Charles Beigbeder se dit prêt à s’investir davantage dans la politique. Une note d’espoir pour les femmes et les hommes de conviction et peut-être aussi un appel subtilement lancé au prochain Président élu… A bon entendeur.

 

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