Rebelle, et pour cause ! Portrait réalisé par Le Figaro du 26/10/17

Charles Beigbeder

27 octobre 2017 • Actualités • Vues: 1215

Rebelle, et pour cause !

Portrait publié dans Le Figaro du 26 octobre 2017.

FIGURE LIBRE –Le Figaro a rencontré Charles Beigbeder, à l’occasion d’un repas chez Castel. Pour l’actionnaire du mensuel L’Incorrect,l’homme occidental doit se défendre s’il veut se préserver de l’extinction.

Au milieu de la fresque murale peinte par Jean-Philippe Delhomme le long du bar, Frédéric Beigbeder, torse nu, brandit le livre du Caca’s club. Dans la pièce opposée, sur la table du restaurant de chez Castel, dont il est l’un des actionnaires, son frère, Charles, commente le n° 2 de L’IncorrectEn une du mensuel anticonformiste de droite s’étale le visage de Jean Gabin: Présumé coupable indique la manchette. S’il ne se défend pas, confirme le financier du journal, l’homme occidental est en voie d’extinction.

Contrairement aux apparences, dans la fratrie, c’est lui, l’aîné, le vrai rebelle. Côté pile, «l’adrénaline du créateur»: le fondateur d’entreprises qui a fait fortune sur Internet et dirige un fonds d’investissement spécialisé dans les start-up ; côté face – «mon côté obscur», plaisante-t-il -, le bourgeois catho, père de famille vivant dans le XVIe arrondissement, membre de l’Avant-garde, think-tank libéral-conservateur: «J’ai toujours été un peu réac. À Centrale, je suivais des cours de théâtre. Un jour, le prof nous a demandé pourquoi on serait prêt à mourir. J’ai répondu: pour la civilisation occidentale. Il m’a regardé horrifié.»

Réenraciner la république

Charles Beigbeder est un quinquagénaire séduisant. Il y a quelque chose de juvénile en lui ; une forme d’entêtement naïf. Il refuse de se plier aux diktats de l’époque : «Lemulticulturalisme, ça ne marche pas.» Il finit son gin tonic: «Il faut défendre la trame de l’histoire de France.

Réfléchir, débattre, refonder. Le vrai combat est d’ordre culturel.» Il y croit, comme en Dieu: «J’ai la foi. Par raison, par pari. Par mysticisme. Mais il faut qu’on sorte des églises, s’emballe-t-il, qu’on s’exprime.» Il veut en finir avec l’image caricaturale du catho coincé: «On est des catho paillards: Frère Jean.»

Une fois par semaine, Beigbeder donne des cours de catéchèse dans une école privée ; ne vous trompez pas de prénom. La plupart de ses élèves croient que Jésus est un personnage de conte de fées. Lui veut lutter contre le nihilisme, l’esprit mortifère de Mai 68, les provocations salafistes: «On est mou. Un vieux principe, tonne-t-il. À Rome, fais comme les Romains!». L’enflammé veut réenraciner la république, donner le droit de vote aux morts, en appelle à Chesterton. Ses amis trouvent qu’il exagère. Eux ne voient rien venir: «Est-ce je suis devenu fou? s’interroge-t-il. Non, éveillé.» Un vrai night-clubber.

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