Faire de Paris la ville des entrepreneurs

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3 octobre 2013 • Actualités, Points de vue • Vues: 1790

Redynamiser l’entrepreneuriat est l’un des plus grands défis qui attend la ville de Paris si elle souhaite conserver son rang de capitale internationale de la cinquième puissance économique mondiale. Car la création d’entreprises est au monde moderne ce que la découverte des continents était au monde de la Renaissance : l’aventure la plus risquée qui ouvre à la fois des perspectives extrêmement vastes, et nous oblige en même temps à revoir notre mode d’organisation pour tenir compte de la compétition mondiale.

Paris souffre actuellement d’une atonie consécutive à plus de douze ans de gestion socialiste, marquée par le laisser-­aller et le clientélisme. L’équipe du maire actuel s’est plus intéressée au lancement des nuits blanches et à l’édification de Paris-­plages qu’à la création d’emplois susceptibles de faire revenir dans la capitale des familles dynamiques, porteuses du Paris de demain et garantes d’une plus grande mixité générationnelle. L’idéologie de la fête anonyme et du monde artificiel, si bien dénoncée par le regretté Philippe Muray, triomphe désormais à Paris, au détriment du monde réel et de la convivialité naturelle, sur fond de bonne conscience écologique et d’art contemporain décérébré.

Il est temps de réveiller Paris, d’enrayer le déclin économique de la capitale, de stopper l’exode des entreprises en dehors de la ville et de développer une politique volontariste qui envoie un signal fort à destination du monde économique. Fort de mon expérience d’entrepreneur parisien (création d’une dizaine d’entreprises en moins de 20 ans) et de ma connaissance du terrain (en particulier dans le douzième arrondissement où je suis à l’écoute de mes concitoyens), je préconise toute une série de mesures concrètes destinées à créer un électrochoc salutaire :

– Au niveau fiscal, je souhaite une diminution par deux du niveau des taxes locales CFE (cotisation foncière des entreprises) et CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) dans le domaine des services, du commerce et de l’artisanat, afin de ne pas asphyxier les entreprises. Cette baisse serait rendu possible par une réduction des dépenses de personnel et de fonctionnement de la ville.

– Concernant la création d’entreprises, j’aimerais une plus grande implication des pouvoirs publics que ce soit sur un plan symbolique, par l’envoi d’une lettre de félicitation du maire à chaque création d’entreprise, sur le plan administratif, par la constitution d’un club des banques et des fonds d’investissements spécialisées dans le financement des entreprises parisiennes, ou encore sur le plan logistique, par une rationalisation des incubateurs d’entreprises disséminés aujourd’hui partout dans la capitale.

– Je soutiens par ailleurs les initiatives de Nathalie Kosciusko-­Morizet en faveur tant de la création d’un fonds chargé de doubler les investissements des “business angels” que de l’érection d’une nouvelle cité universitaire située sur la rive droite de la Seine (le douzième arrondissement, doté d’une importante friche ferroviaire, s’y prêterait particulièrement).

– Par ailleurs, je milite pour l’implantation de zones franches dans les quartiers émergents et plus généralement pour la mise en place d’un ratio qui permette un plus grand équilibre entre la création de logements d’habitation et la construction de locaux commerciaux ou de bureaux.

– Enfin, je désire favoriser les échanges mutuellement fructueux entre les entreprises et le monde de la recherche scientifique, Paris ayant la chance de disposer d’une densité unique de laboratoires publics, de grandes écoles et d’universités à caractère scientifique.

D’une manière générale, je pense qu’il est urgent de réaffecter au monde économique une part des subventions qui ont largement alimenté le tissu associatif parisien au cours des deux mandatures de Bertrand Delanoë, favorisant le clientélisme électoral ainsi que le militantisme idéologique. D’après l’observatoire des subventions, la mairie de Paris a versé 203 millions d’euros de subventions en 2011, principalement à des associations marquées à gauche. Je propose donc une rationalisation de la manne publique en posant une règle simple : aucune association, à moins de bénéficier d’une délégation de service public, ne doit obtenir des subventions supérieures à la moitié de son budget de fonctionnement.

Le rayonnement culturel universel de la ville lumière requiert la constitution d’un puissant poumon économique.

Tribune publiée le 2 octobre 2013 sur LeJDD.fr

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2 Responses to Faire de Paris la ville des entrepreneurs

  1. Papapp du 59 dit :

    Bon courage dans le 12° et 20° de Paris

  2. Charles Beigbeder dit :

    Merci
    Amitiés
    Charles

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