Plaidoyer pour un conservatisme libéral

L’Incorrect a organisé un débat entre Charles Beigbeder, Thibaud Collin et Erik Tegner afin de savoir s’il est possible d’être un libéral-conservateur. Voici la contribution de Charles Beigbeder qui plaide pour un conservatisme libéral. 

Il est deux formes de conservatisme à ne pas confondre : le premier type intériorise le sens progressiste de l’histoire mais veut simplement en ralentir la marche, au nom de la tradition qu’il ne faut pas violenter subitement. Le mariage pour tous, la PMA ? N’allons pas trop vite, soyons prudent ! En aucune manière, il ne s’agit d’inverser le sens progressiste de l’histoire qui reste l’horizon indépassable de leur pensée. Cette vision du conservatisme, qui donne raison aux progressistes – lesquels auront beau jeu de considérer que les conservateurs sont simplement des personnes un peu sensibles à ne pas brusquer -, a été magnifiquement bien résumée par Chesterton : « Le monde s’est divisé entre Conservateurs et Progressistes. L’affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L’affaire des Conservateurs est d’éviter que les erreurs ne soient corrigées ». Peut-être peut-on ranger dans cette catégorie de personnes ceux que l’on appelle les libéraux-conservateurs, qui ont intégré le paradigme philosophique de la modernité libérale mais en veulent une application moins rapide que les libéraux purs.

Promouvoir la personne enracinée : réponse à Gaspard Koenig !

Dans une tribune publiée à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage, Gaspard Koenig défend un libéralisme libertaire et pourfend la pensée libérale-conservatrice qu’il juge « intellectuellement incohérente ».  Dans la continuité du dialogue courtois déjà engagé entre nous, je souhaite montrer qu’il y a deux écoles de pensée philosophique irréconciliables au sein de la famille…