L’invité d’Atlantico au sujet de Charnellement de France

Le 22 mai 2016, Charles Beigbeder était l’invité d’Atlantico au sujet de la parution de Charnellement de France. Retrouver son interview ici ou ci-dessous : Atlantico : Dans votre livre, intitulé Charnellement de France, vous expliquez que la République française doit devenir la « République de France ». Pourquoi ce changement vous paraît-il nécessaire et que doit-on changer concrètement…

Pour lutter contre le communautarisme, invoquons l’identité plutôt que la laïcité !

Les revendications communautaires n’ont jamais été aussi élevées et concernent désormais tous les domaines de la vie sociale : port du voile à l’école, menus hallal dans les cantines scolaires et dans les prisons, horaires séparés dans les piscines municipales, mise à disposition d’un local pour la prière dans les entreprises, pressions pour obtenir qu’une femme soit auscultée par un médecin du même sexe à l’hôpital, demandes de certificats de virginité pour les femmes, refus de l’enseignement de l’histoire à l’école, exigences de jours fériés spécifiques correspondant aux fêtes religieuses de l’Islam, carrés musulmans dans les cimetières, etc…

« A Rome, fais comme les Romains ! »

Certains invoquent la laïcité comme seul rempart afin de préserver notre identité nationale face à la montée du communautarisme. Ainsi, Marine Le Pen, s’exprimait-elle dans un entretien au Monde l’an dernier : « La laïcité est une valeur non négociable, comme la liberté. A chaque fois qu’on l’a laissée s’affaiblir, on a créé le terrain de revendications nouvelles. Hier, c’était les prières de rue, ils ont obtenu qu’on leur accorde des mosquées en contravention avec la loi de 1905 ; puis il y a eu des réclamations dans les écoles, les cantines… Je ferai inscrire dans la Constitution que « la République ne reconnaît aucune communauté ». Ce qui permet de s’opposer à toutes les revendications communautaristes, y compris dans le secteur privé ».[1]

La laïcité n’est pas une religion !

Face à la montée des revendications communautaristes, le gouvernement invoque souvent le même leitmotiv : il faut réaffirmer la laïcité dans les écoles comme dans les services publics, afin de garantir à tous la pleine liberté de ses droits tout en préservant la neutralité de l’espace public, seule condition du vivre ensemble. Vincent Peillon s’est d’ailleurs fait une spécialité de ce discours-là, dans la pure tradition de la « foi laïque » de Ferdinand Buisson[1], maître à penser de la doctrine anticléricale sous la IIIème République, auquel notre ministre avait d’ailleurs consacré un ouvrage.[2]